Dopage sportif

 

Définition

 

Selon l’Agence mondiale antidopage, le dopage est défini comme le recours, que ce soit par une substance ou une méthode, à un trucage potentiellement dangereux pour la santé des athlètes et/ou susceptible d’accroître leurs performances.

 

Le dopage sportif contrevient aux règles et à l’éthique du sport aussi bien qu’il menace les bienfaits liés à sa pratique sur la santé et le développement de la personne1. Le phénomène du dopage s’avère complexe, car il peut relever de plusieurs causes et facteurs qui ne trouvent pas leur source uniquement dans le domaine du sport ou du loisir. Ce problème se juxtapose parfois à celui de l’utilisation de médicaments et de suppléments alimentaires ainsi qu’à celui des habitudes de consommation d’alcool et de drogues sociales. L’amélioration de l’apparence corporelle s’avère aussi être une raison justifiant l’utilisation de certains produits.

 

Devant la sophistication des méthodes préconisées par les tricheurs pour éviter la détection, la lutte contre le dopage s’est dotée de mesures qui dépassent largement les simples analyses d’échantillons d’urine en laboratoire. La mise en place d’une stratégie sans faille requiert des règles strictes qui vont bien au-delà de l’interdiction de consommer des substances interdites. La définition universelle de violation antidopage a donc évolué pour maintenant inclure les tentatives de dopage, le trafic ou l’administration de substances interdites, ou toute autre forme de complicité dans un acte allant à l’encontre des règles antidopage. Par exemple, l’obligation pour les athlètes de se rendre disponibles pour des contrôles antidopage sans préavis ou en compétition a aussi pour conséquence de pouvoir punir ceux qui pourraient tenter de se dérober aux contrôles ou aider les athlètes à les éviter. Il va sans dire que de tels comportements, non plus seulement de la part des athlètes mais de tout leur entourage, sont mis en cause et sont susceptibles de conséquences allant d’une simple réprimande à une inadmissibilité à vie.

 

Facteurs de risque

 

 

Trois facteurs ayant une influence significative sur les intentions de dopage et les comportements des jeunes sportifs québécois :

  • L’attitude favorable au dopage, soit la perception selon laquelle les avantages de se doper surpassent les désavantages;
  • La norme sociale favorable au dopage, soit la perception selon laquelle les personnes les plus importantes aux yeux du sportif croient qu’il devrait avoir recours au dopage;
  • La perception du sportif d’avoir peu de contrôle sur son comportement : il considère entre autres qu’il a atteint ses limites ou que le dopage est la seule voie qui lui permettra de lutter à armes égales contre ses adversaires.

L’influence des pairs demeure un facteur de risque important chez les jeunes sportifs. Parmi ceux qui se sont fait suggérer d’avoir recours au dopage, ils ont nommé un ami (46,03 %) ou un coéquipier (26,98 %) comme principale personne en cause.

 

Selon la Gendarmerie royale du Canada, plusieurs facteurs peuvent favoriser le recours aux substances dopantes notamment :

  • La fréquence, la durée, la répétition et l’intensité des entraînements et des compétitions;
  • L’insuffisance des heures et des jours de récupération à la suite des entraînements, des compétitions et des divers déplacements imposés aux sportifs;
  • L’absolue nécessité de se surpasser en présence d’un public exigeant;
  • La recherche de la victoire à tout prix;
  • La pression des médias.
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Il est cependant rassurant, mais aussi troublant, de constater que dans la majorité des cas de dopage au Canada, il semble que l’athlète ait agi sans intention évidente de contourner les règles antidopage. Les causes principales de ces cas de dopage « accidentels » ou « involontaires », mais dont les conséquences pour l’athlète sont tout aussi sérieuses, sont :

  • La méconnaissance des règles antidopage et comment elles s’appliquent à lui ou elle;
  • La croyance erronée que seuls les athlètes professionnels ou de très haut niveau sont sujets à des contrôles antidopage;
  • Les précautions inexistantes ou insuffisantes dans le choix de médicaments en vente libre;
  • Le manque de connaissances des professionnels de la santé « généralistes » à propos de la liste des substances et méthodes interdites;
  • La consommation abusive ou imprudente de suppléments alimentaires;
  • La naïveté devant les conseils de leur entourage qui se prétendent spécialistes sans avoir les qualifications pertinentes. 

 

Stratégies

 

La prévention demeure, sans aucun doute, l’arme la plus efficace pour mener cette lutte contre le dopage. Toutefois, il faut constater que, dans les efforts visant à lutter contre le dopage, on n’utilise pratiquement jamais un discours positif. Il y aurait  donc lieu de promouvoir l’idée de la « réussite avec ses propres moyens » et surtout de promouvoir une meilleure compréhension des règles antidopage et des précautions à prendre au quotidien pour éviter de violer les règles inconsciemment.

 

Dans un premier temps, il est recommandé pour tous les intervenants en sport de :

  • Créer un climat positif de pratique sportive en mettant l’emphase sur les bienfaits pour la santé du « sport propre », dans le respect de son corps, sans artifices, et sans substances ou méthodes dopantes;
  • Récompenser l’athlète pour le dépassement de soi, l’atteinte d’objectifs réalistes en fonction de son talent et son potentiel, plutôt que simplement pour les victoires et les médailles;
  • Donner à l’athlète une pleine confiance en ses moyens de performer, en lui fournissant un encadrement professionnel de qualité dans sa préparation sportive;
  • Soutenir ouvertement les initiatives de prévention du dopage et les opérations de contrôle du dopage comme moyen de rassurer l’athlète que ses compétiteurs sont propres eux aussi.

 

En second lieu, parce que toutes les bonnes intentions du monde ne sont pas suffisantes, il est recommandé pour tous les athlètes et les intervenants en sport de :

  • Prendre connaissance des règles antidopage qui s’appliquent à eux, et plus particulièrement des responsabilités qui en découlent;
  • Savoir où et comment trouver les ressources nécessaires pour obtenir des conseils judicieux dans le choix de médicaments, avec ou sans prescription;
  • Éviter ou faire preuve d’extrême prudence dans la consommation de suppléments alimentaires, dont les boissons énergisantes, les produits naturels ou les suppléments de protéines ou vitaminiques qui peuvent contenir ou être contaminés par des substances interdites;
  • Savoir poser les bonnes questions aux professionnels de la santé qualifiés et outillés pour bien y répondre.

 

Outils

 

Pour les entraîneurs :

À ce titre, vous avez la responsabilité d'amener les athlètes à progresser sainement et de les guider dans leurs décisions en lien avec leur carrière. Pour savoir comment bien les accompagner, il suffit de tester leur niveau de connaissances en ce qui a trait à la prévention du dopage. Un questionnaire, rempli individuellement avec chaque athlète, permettra d’identifier les notions déjà acquises et celles qui méritent une intervention approfondie.

 

Il est important de garder sous la main une copie de l’aide-mémoire afin d’accompagner et soutenir les athlètes dans leurs obligations et responsabilités sous les règles antidopage.

 

Pour les jeunes athlètes et leurs parents :

L’importance d’un sport sans dopage commence à un très jeune âge. Les parents doivent s’attendre à ce que leurs inquiétudes face à la présence de drogues sociales dans les cours d’écoles soient tout aussi vives en ce qui concerne les substances interdites en sport. La montée en flèche des boissons énergisantes chez les jeunes va de pair avec la recherche de performance et s’apparente de très près à l’attitude qui pousse les athlètes à se doper. Deux outils sont disponibles pour permettre au jeune athlète de se prendre en main face à ses obligations dans le sport sans dopage et de prendre les précautions nécessaires dans le choix de médicaments, qu’ils soient en vente libre ou sous prescription, afin d’éviter des violations antidopage involontaires ou accidentelles.

 

Aide-mémoire jeune athlète
Choisir ses médicaments

 

Pour les athlètes développement ou élite : 

À mesure que les athlètes progressent dans la structure sportive, leurs responsabilités envers le sport sans dopage s’accroissent : disponibilité pour des tests hors-compétition sans préavis, obligation de fournir des renseignements sur leur localisation, obtention d’exemptions pour usage thérapeutique, etc.  En plus des outils qui s’adressent aux jeunes athlètes, les athlètes poursuivant leur carrière à d’autres échelons pourront aussi s’inspirer pour réduire les risques de contrevenir aux règles antidopage.

 

Avant une compétition
Voyager à l’étranger


Source


Sports-Québec

 

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